le360 : L'Algérie poursuit sa course à l'armement

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La Marine algérienne est sur le point de réceptionner son 5e sous-marin, dont la construction s'est achevée il y a quelques semaines en Russie. Une frénésie acheteuse que ne justifient ni la crise qui frappe de plein fouet le voisin de l'est, ni une quelconque portée géostratégique. Décryptage.

"Le cinquième sous-marin de la marine algérienne est en cours de livraison", nous apprend menadefense, site spécialisé dans les questions d'armement dans la région du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. "Le 4 avril dernier, deux bâtiments de la marine algérienne ont quitté le port d’Oran à destination de Saint-Pétersbourg, en Russie, pour escorter la nouvelle acquisition", rapporte la même source.
 

 

Et ce n'est pas tout! "Le cinquième sous-marin algérien, Kilo 636, sera suivi du sixième qui est presque achevé et qui va entamer sa campagne d’essais en mer pour une livraison cet été", ajoute la même source. Deux autres sous-marins feraient l’objet d’un nouveau contrat pour des livraisons à l’horizon 2020-2022, probablement pour remplacer les sous marins de première génération Kilo 877 EKM.

 

Une délégation militaire algérienne en Russie pour négocier un gros contrat d'armement

 

Tous comptes faits, quatre sous-marins qui vont rejoindre une flotte déjà riche de quatre autres acquis auprès du même constructeur russe.

 

L'Algérie s'arme à tour de bras auprès de l'Allemagne contre le Maroc

 

A l'évidence, rien ne justifie ce "stock" en sous-marins par l'Algérie, dont les côtes ne dépassent pas 1622 kilomètres. Ni le contexte de crise qui continue de secouer le voisin de l'est, en raison de la chute fracassante des prix des hydrocarbures (98% des exportations et 60% des recettes de l'Etat algérien!). Ni la "portée stratégique" de ces acquisitions, qui n'est d'aucune pertinence.

 

Alors que l'Algérie continue d'essuyer un "sévère recul des revenus extérieurs" impactant directement le citoyen algérien frère, dont le pouvoir d'achat s'est déjà assez détérioré en raison de la flambée des produits de consommation de base, l'Armée nationale populaire (ANP), par contre, voit son budget nettement augmenter, comme l'a récemment indiqué Janes Information group, entreprise américaine spécialisée dans les questions de Défense. Selon cette dernière, le budget Défense algérien, estimé à 10,46 milliards de dollars, pour 2016, va passer à 10,86 milliards de dollars pour 2017 avant de franchir la barre de 11 milliards de dollars à partir de 2018.

 

Contre qui s'arme Alger?

Cette frénésie dans l'achat des armes remet sur le tapis l'éternelle question: contre qui s'arme l'Algérie? La réponse fournie par l'établishment militaire algérien est peu convaincante: la lutte antiterroriste! Un "argument" que démentent les déclarations lénifiantes du vice-ministre algérien de la Défense, le général de corps d'armée Gaïd Salah, selon lequel le terrorisme serait devenu, au fil des expéditions militaires sur le terrain des jihadistes, "résiduel"! Alors pourquoi continuer à faire le plein d'armes dès lors que l'ennemi censé justifier cette frénésie est devenu "résiduel"? Et puis, un ennemi de cette nature, à savoir des terroristes qui ne font usage que de Kalachnikov, ou d'explosifs, nécessite-t-il l'achat de bombardiers tactiques russes de type Su-34 "Fullback", ou plus encore de sous-marins?

 

Il apparaît donc à l'évidence que ce qui est visé par cette course algérienne à l'armement, c'est le Maroc. Alger ne fait d'ailleurs aucun mystère de son hostilité envers son voisin de l'ouest, qu'elle n'a eu de cesse de traiter d'"ennemi extérieur"! Un "ennemi extérieur" qui n'existe évidemment que dans l'imagination maladive des hauts galonnés algériens, et dont l'objectif est de détourner l'attention du peuple algérien frère de la crise dévastatrice qui continue de secouer le pays, à la faveur d'une faillite qui s'avère de plus en plus certaine.

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